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Saudi Aramco cherche à stocker son pétrole à l'étranger

Par la rédaction de HotNews4 min de lectureHOT
Saudi Aramco cherche à stocker son pétrole à l'étranger

Saudi Aramco discute avec des gouvernements étrangers de l’utilisation de leurs réserves stratégiques de pétrole, a déclaré son directeur général, Amin Nasser, alors que le plus grand exportateur de pétrole au monde cherche des moyens de maintenir l’écoulement du brut lorsque ses propres infrastructures sont touchées. Les discussions, rapportées jeudi, permettraient à Aramco de stocker du pétrole dans les réserves d’urgence d’autres pays et de puiser dans ces réservoirs pour servir ses clients si les installations saoudiennes sont perturbées.

Cette décision fait suite à une série d’attaques contre les infrastructures pétrolières saoudiennes. En septembre, une frappe de drone a paralysé pendant plusieurs jours le principal oléoduc du royaume, selon les autorités saoudiennes. Mercredi, le champ pétrolifère de Shaybah d’Aramco et l’aéroport de Dammam ont été attaqués, faisant deux morts sur chaque site. Le champ de Shaybah se situe dans le Rub al-Khali, l’immense désert du sud-est du pays, et constitue l’un des plus grands actifs de production de l’entreprise.

Les réserves stratégiques de pétrole sont des stocks détenus par les gouvernements, généralement constitués pour les urgences nationales. Des pays comme le Japon, la Corée du Sud et les membres de l’Agence internationale de l’énergie détiennent des centaines de millions de barils dans des cavernes souterraines et des parcs de réservoirs. L’accès à ces installations donnerait à Aramco un tampon loin du Golfe, lui permettant de livrer du pétrole aux acheteurs asiatiques et européens même si les terminaux de chargement ou les oléoducs de son pays sont endommagés.

L’idée s’inscrit dans une évolution plus large de la façon dont les producteurs de pétrole conçoivent la sécurité de l’approvisionnement. Pendant des décennies, les importateurs ont constitué des réserves pour se protéger des coupures des exportateurs. Aujourd’hui, un exportateur veut utiliser ces mêmes réserves comme réseau de distribution. Aramco dispose depuis longtemps d’installations de stockage et de mélange à l’étranger, notamment aux Pays-Bas, au Japon et aux États-Unis, mais il s’agit de réservoirs commerciaux et non de réserves gouvernementales.

Pour les acheteurs, l’attrait réside dans la continuité. Les raffineurs asiatiques, qui absorbent la majeure partie du brut saoudien, sont habitués à des contrats à long terme avec des volumes mensuels réguliers. Toute interruption les oblige à chercher des cargaisons au comptant, souvent à des prix plus élevés. Si Aramco peut conserver des barils dans les pays importateurs, il pourra respecter les délais de livraison contractuels et lisser les pics de prix qui suivent les attaques.

Les discussions interviennent également alors que les producteurs du Golfe font face à un voisinage plus contesté. La marine du Corps des gardiens de la révolution islamique d’Iran a averti cette semaine qu’elle pourrait élargir sa confrontation si les navires continuent d’emprunter ce qu’elle a qualifié de routes illégales dans le détroit d’Ormuz, l’étroit passage par lequel transite environ un cinquième du pétrole mondial. Un haut responsable de la sécurité iranien a déclaré que la situation actuelle pourrait entraîner une agitation prolongée sur les marchés de l’énergie pendant les trois prochaines années. Les États du Golfe, a-t-il ajouté, redéfinissent rapidement leurs relations avec l’Iran.

L’Arabie saoudite est également touchée depuis le sud. La coalition dirigée par Riyad a déclaré avoir intercepté et détruit un drone au-dessus de la capitale, Riyad, cette semaine. Les attaques en provenance du Yémen ont visé à plusieurs reprises les aéroports et les sites pétroliers du royaume ces dernières années, notamment la fermeture de l’oléoduc en septembre.

Aramco n’a pas nommé les gouvernements avec lesquels il négocie, ni précisé la capacité de stockage recherchée. Les actions de l’entreprise, comme celles des autres majors pétrolières, ont été sensibles aux titres sur le risque d’approvisionnement. Pour les traders pétroliers mondiaux, la question pratique est de savoir si les réserves étrangères peuvent être utilisées assez rapidement pour être utiles en cas de crise, et si les pays importateurs sont prêts à laisser un producteur étranger entreposer ses barils dans des installations conçues pour leurs propres urgences.

Les propos de M. Nasser suggèrent qu’Aramco considère le stockage à l’étranger comme une forme d’assurance plutôt que comme un substitut à ses propres réservoirs. L’entreprise exploite déjà l’un des plus grands systèmes de stockage au monde en Arabie saoudite, notamment les immenses terminaux de Muajjiz et Yanbu. Étendre ce réseau au-delà des frontières rendrait les exportations du royaume plus difficiles à étouffer, mais lierait aussi plus étroitement son sort commercial aux politiques des gouvernements hôtes.

Pour l’heure, le plan en est au stade des discussions. Ce qui est clair, c’est que les attaques ont poussé la plus grande compagnie pétrolière du monde à repenser l’endroit où elle conserve ses barils de réserve.

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