Le sommet du tourisme de montagne du Guizhou marque dix ans de construction d'une filière

Le Guizhou, province du sud-ouest de la Chine connue pour ses pics calcaires, ses gorges profondes et son climat estival frais, ouvre le 8 novembre la 10e Conférence internationale du tourisme de montagne et des sports de plein air. La rencontre de quatre jours se tient jusqu’au 11 novembre à Qianxinan, préfecture autonome du sud-ouest de la province qui abrite la gorge de la rivière Maling et les formations karstiques autour de Wanfenglin, un paysage de collines coniques qui attire randonneurs et photographes.
L’événement fête ses dix ans, et ses organisateurs présentent cette édition comme un bilan plutôt qu’un coup d’envoi. En dix ans, affirment-ils, la province a travaillé sur des normes sectorielles pour le tourisme de montagne, poussé sur le marché un éventail plus large d’activités de plein air et tenté de convertir son paysage naturel en revenus qui restent dans la région. Ce dernier point est le plus difficile, et c’est pourquoi la conférence y revient sans cesse.
Le tourisme de montagne est une activité malaisée à industrialiser. Sentiers, téléphériques, belvédères et centres d’accueil coûtent cher et se voient ; les règles de sécurité, la capacité de secours et la gestion des déchets coûtent moins mais restent invisibles, et c’est ce qui distingue un site qui traverse une haute saison d’un autre qui finit dans l’actualité. La normalisation est cette couche intermédiaire sans éclat, et le Guizhou a passé la décennie à la bâtir.
La province a des atouts que l’argent ne peut acheter. Sa géologie karstique lui offre falaises, grottes et cascades à quelques heures de route les unes des autres, et son altitude maintient des températures estivales douces, ce qui compte dans un pays où bien des villes endurent désormais une chaleur accablante. De meilleures routes et la grande vitesse ferroviaire ont raccourci le trajet depuis les grandes villes, et la province s’appuie sur les deux pour toucher des voyageurs qui filaient autrefois tout droit vers le Yunnan.
La conférence compte aussi comme signal de la maturité du marché touristique intérieur chinois. Après des années où une seule vidéo virale pouvait remplir une ville un week-end, les autorités touristiques provinciales se tournent vers des produits reproductibles : itinéraires balisés, ascensions guidées, saisons de rafting, campings avec sanitaires. Le tourisme de montagne correspond à ce virage parce qu’il est saisonnier, dépendant de la météo et difficile à contrefaire, et parce qu’il attire des voyageurs plus jeunes qui veulent faire quelque chose plutôt que photographier quelque chose.
Pour Qianxinan, accueillir l’événement est l’occasion d’être vue comme autre chose qu’une étape sur la route d’ailleurs. La préfecture associe la gorge de la rivière Maling, l’une des zones de rafting et de randonnée les plus connues du pays, à des villages des groupes ethniques bouyei et miao, dont les textiles et les fêtes font partie de l’attrait régional. La vraie mesure, c’est de savoir si les visiteurs restent une nuit de plus.
Le discours de dix ans repose sur une logique simple : la montagne n’est pas une ressource que l’on épuise si on la gère bien. La question à laquelle répondront les dix prochaines années est de savoir si les normes, le bilan de sécurité et la part locale des recettes suivent le rythme des arrivées.
Un dixième anniversaire est une occasion facile pour un sommet. C’est aussi le moment naturel de demander ce que les participants vont mesurer. La province affirme convertir son paysage en gains de développement ; les invités de cette semaine sont invités à en voir les résultats par eux-mêmes, à pied et sur l’eau.